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Chez les amis
De la littérature

Le dernier opus d’Umberto Eco n’est pas un roman.  Ce n’est pas non plus un ouvrage savant de sémiologie, à l’instar de « Lector in fabula » ou du « Signe ».  Il s’agit plutôt d’un recueil d’essais dans la lignée de « La guerre du faux », « Les limites de l’interprétation » ou bien encore « De superman au surhomme ».

Recueil de textes circonstanciels, l’auteur ne s’en cache pas, prononcés lors de colloques ou de séminaires internationaux.  C’est dire que le niveau n’est pas celui de la littérature ferroviaire ou des indicateurs du même nom…

Mais, ceux qui apprécient Eco, celui des essais comme « L’œuvre ouverte » ou de « Comment voyager avec un saumon » retrouveront dans ces pages maints « lieux exemplaires » qui hantent les pensées et les livres du maître depuis ses débuts.

Le premier texte examine les « fonctions de la littérature », celles, entre autres, de créer un monde immuable où le Petit Chaperon Rouge est mangé par le loup et par le chasseur…

Suit une lecture du paradis de Dante, une analyse du « Manifeste du parti communiste », un examen approfondi des paradoxes et aphorismes de Wilde, les origines du style joycien… et, bien entendu, un texte sur Borges, mais mis en relation avec l’angoisse d’Eco de subir des influences.

Les essais suivants s’attachent au style, à la forme littéraire, à l’intertextualité, à Thomas d’Aquin, à la poétique, à la force du faux, etc. (en somme, ce qui fait le quotidien d’un sémiologue et qui constitue l’ensemble des obsessions ecoliennes depuis quelques décennies). 

Le texte intitulé « La force du faux » explore également un thème de prédilection d’Eco : certaines idées fausses ont la peau dure et nous colportons ces fausses valeurs avec la foi obsidionale du néophyte.  Les hommes du Moyen âge croyaient que la terre était plate : faux, répondit l’Eco.  C’est un préjugé des scientifiques positivistes du dix-neuvième siècle qui, recopié d’ouvrage en encyclopédie, a gagné force de loi.  La « lettre du Prêtre Jean », missive venue d’Orient et narrant à la première personne la vie d’un royaume richissime gouverné par un Prêtre chrétien aussi sage que valeureux, a entraîné des hordes de chrétiens par-delà les mers à la recherche de ces trésors de richesse et de sagesse…  Faux encore : ce document est le fruit d’un farceur de génie qui rirait sans doute bien haut, sachant le crédit qu’on lui a accordé.  Fausse également la théorie de la terre creuse qui envoya des « savants » nazis du Pôle nord à l’Himalaya à la recherche d’une entrée secrète menant aux royaumes cachés…

Mais ce qui ravira sans doute le lecteur peu au fait de ces subtilités littéraires et sémiotiques, c’est le dernier texte, intitulé « Comment j’écris » et dans lequel Eco nous livre quelques secrets de cuisine. 

Pour chacun de ses quatre romans (1), c’est une ou deux idées séminales qui ont entraîné l’auteur dans un monde à construire (une abbaye où quelques moines meurent de façon obscure, un pendule et l’image d’un adolescent jouant de la trompette lors de l’enterrement d’un partisan, un naufragé sauvé en rencontrant un navire déserté par son équipage et qui voit une île se trouvant dans un espace déjà enseveli dans le temps de la veille, un faux qui a fait basculer l’histoire des relations entre l’Occident et l’Orient ainsi que celle du meurtre dans un chambre close).

La seconde étape consiste à construire le monde dans lequel évolueront les personnages liés à ces idées, à le construire avec une précision d’horloger ou d’arpenteur.

Enfin, narrer l’histoire en laissant le roman « se finir tout seul », entraîné par la logique narrative canalisée par les contraintes du lieu, des idées et des personnages.

Ce texte à lui seul vaut le déplacement.  Mais pour les aficionados de la littérature mondiale, ce livre est déjà un classique…

Umberto Eco, De la littérature, traduit de l’italien par Myriem Bouzaher, Paris, Éditions Grasset et Fasquelle, 2003, 425 p.


(1) Pour rappel : Le nom de la rose, Le pendule de Foucault, L’Île du jour d’avant et Baudolino.

Ecrit par Marco-Bertolini, à 19:12 dans la rubrique "Lire libre".

Commentaires :

  Visiteur
15-10-05
à 17:25

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